Portrait *2. Laurence – Brésil (expat’)

Il y a quelques années, dans un bar avec un ami, une idée de maison d’hôtes. C’est comme ça que débute l’aventure brésilienne de Laurence. L’ami a rétropédalé, n’étant pas prêt à passer du rêve à la réalité mais Laurence s’est lancée, seule. Elle a acheté un terrain dans le nord du Brésil, a quitté Cannes, a construit sa maison. Cela fait maintenant un an qu’elle accueille les voyageurs dans son chez-soi paradisiaque : https://www.facebook.com/villa.isolabella/

I. Elle

Laurence, 43 ans, j’ai travaillé treize ans en tant que responsable commerciale pour une créatrice de parfums, métier que j’ai quitté en 2016 pour me lancer dans mon aventure : ma maison d’hôtes au Brésil.

Vision du monde

Il est compliqué d’avoir une vision globale. Je reste positive. Pour moi chaque malheur engendre du positif. J’espère tout de même que cette situation avec le virus va se calmer. Ça crée une incertitude sur l’avenir mais il est important d’être conscient des changements qui devront suivre.

Écologiques bien sûr mais aussi en matière de solidarité. Ici le village a organisé une collecte puisque les ouvriers sont payés à la semaine, il n’y a pas d’aides de l’Etat comme on peut en avoir en France. Ce serait bien qu’elles ne soient pas des initiatives ponctuelles.

Je pense que cette crise devrait nous inciter à nous concentrer sur les choses moins matérielles. Elle doit être vue comme un avertissement. Il faut qu’on se recentre, qu’on prenne le temps. Ce qu’on expérimente dans la société ce n’est pas ça la vie. J’ai eu l’occasion de le subir dans mon ancien métier avec des décisions à prendre, de grosses responsabilités. Je n’en pouvais plus. Aujourd’hui je vis plus simplement mais avec moins de stress et moins de contraintes.

Je peux dire que je suis heureuse désormais, et pourtant ce n’était pas gagné ! S’expatrier, seule, loin de sa famille, ce n’est pas évident.

Son rêve

Ce serait que ma petite maison tourne bien, que je puisse profiter de mes clients. Pour moi c’est vraiment un échange, j’aime faire découvrir mon environnement aux voyageurs qui viennent. Mon objectif premier est qu’ils repartent heureux.

Après je pense que ce serait de profiter de la vie, du pays et du continent.

II. Son lieu de vie favori : le Brésil

C’est un petit coin de paradis. Un petit village sur la plage à deux heures de route au sud de Fortaleza. C’est un lieu tranquille, un village de pêcheurs entre deux fleuves ce qui permet de faire des balades sauvages. En période de grands vents on a beaucoup de personnes qui viennent pour le kitesurf.

Tout le monde se connaît et les habitants ont tous le sourire. Il y a une petite communauté de français. Le tourisme se développe doucement, comme la région.

Coup de coeur

La gentillesse des gens. J’ai trouvé une entraide formidable ce qui a contribué à une bonne installation et au fait que je m’y sente bien.

Il y a toujours des fêtes, des événements gratuits organisés par la mairie. Il y a vraiment une ambiance à la brésilienne.

Un autre coup de coeur serait la visite il y a trois ou quatre ans d’un village plus au nord, Jericoacoara. Mails il s’est développé de manière plus intense donc peut-être que je n’aurais plus de coup de coeur si j’y retournais.

Recommandations

Je donnerais des recommandations dans le comportement. Il ne faut pas hésiter à avoir un sourire, un mot gentil pour les brésiliens, eux ne s’en privant pas. Par contre il faut rester sur ses gardes, il y a beaucoup de pauvreté, il ne faut pas attirer le regard avec du superflu.

Anecdotes

Mon premier carnaval c’était quelque chose. Tout s’arrête pendant cinq jours. Je devais me rendre à la mairie pour des questions administratives. La secrétaire s’occupait de mes papiers et des décors en même temps.

Mon premier nouvel an était aussi impressionnant. C’était ma première grosse fête au Brésil. 10 000 personnes s’étaient réunies sur la plage, vêtues de blanc.

III. Ses voyages

Détail

Europe : Portugal – Espagne – Italie – Pologne – Angleterre – Pays-Bas

Asie : Dubaï – Hong-Kong – Liban – Turquie

Amérique : Etats-Unis – Brésil

Afrique : Maroc

Meilleure expérience

L’Italie. J’aime son architecture, sa diversité et en tant que fan de pâtes ; la nourriture.

Apprendre par le voyage

Le fait de voyager m’a ouvert l’esprit et a accru ma tolérance. Cela m’a aussi permis d’arrêter de me plaindre sans cesse et de mesurer la chance de vivre en France. Au regard de la situation actuelle par exemple, là où je vis au Brésil il n’y a pas de service de réanimation.

Anecdotes

A Hong-Kong, dans un taxi, je vois un vieux monsieur qui taille des bambous sur le bord de la route. Alors que je le prends en photo il se met à poursuivre mon taxi un pieu en bambou à la main. Le chauffeur a du griller un feu rouge pour lui échapper.

A Marrakech l’ami avec qui j’étais cherchait une salle de sport. Deux marocains ont proposé de nous emmener. Nous sommes partis à moto, chacun derrière son chauffeur. Nous sommes sortis de la ville, nous ne savions pas du tout où nous allions. J’avoue qu’on était assez inquiet mais finalement on est arrivé à bon port. Au retour j’ai insisté pour qu’on marche.

A Dubaï je me suis retrouvée avec un chauffeur de taxi indien qui était arrivé cinq jours auparavant dans la ville. Forcément il ne la connaissait pas encore très bien. C’est moi qui ai fini par lui indiquer la route pour l’hôtel. Le pauvre, il était paniqué.

Place du voyage

Il occupait une place importante et était assez présent. J’adore découvrir. Que ce soit une culture, des personnes, un pays… Grâce à mon ancien emploi j’ai pu voyager vers des destinations que je n’aurais sûrement pas envisagées de moi-même. Depuis trois ans je mène à bien mon projet donc le voyage est un peu moins présent. Mais je conserve le côté découverte, évasion avec les rencontres de voyageurs. Je dirais que les voyages ont fait la personne que je suis.

Lien entre voyage et écologie

C’est un lien compliqué puisque quand tu voyages tu pollues. C’est l’avion qui nous a permis de voyager plus, de manière plus abordable et moins lent que les autres moyens de transport. Pourtant les deux ne vont pas trop ensemble.

Je pense qu’il faut aborder des comportements dans sa vie quotidienne qui seront alors naturellement appliqués au voyage. Pour ma part je fabrique du papier toilettes réutilisable, je n’utilise pas de bouteilles en plastique, je refuse le gaspillage et les sachets.

A partir de là on peut alors essayer de sensibiliser les gens : organiser des nettoyages de plages comme ici.

Vision d’une voyageuse seule : Au Brésil

Dans mon coin du Brésil je croise de plus en plus de voyageuses solos. Je trouve ça top, ça permet de faire des rencontres. Au Brésil on rencontrera surtout la barrière de la langue notamment dans les petits villages, ça limite l’échange.

Le Brésil reste dangereux, il n’y a pas beaucoup de voyageuses brésiliennes dans ma maison d’hôtes. Les gens ont peur, même dans les villages les femmes ne restent pas seules.

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